La chambre noire
Introduction
out photographe argentique rêve secrètement de posséder sa propre chambre noire pour développer ses films.
Dans mon cas, des expériences décevantes auprès de laboratoires de la région (rayures, traces de séchage sur les négatifs) ainsi que leurs tarifs m’ont rapidement convaincu de passer au développement à la maison. Cependant, aménager un laboratoire complet représente un investissement conséquent et un véritable défi logistique, surtout lorsqu’on vit en appartement, comme c’est mon cas.
Dans cet article, je partage mon expérience de création d’une chambre noire très DIY, directement chez moi, ainsi que mes découvertes dans l’univers de la photographie argentique, sans ordre particulier.
N’hésitez pas à utiliser la table des matières pour accéder directement aux sections qui vous intéressent.
Numériser mes négatifs 35 mm avec un scanner dédié
Lorsque j’ai confié mes premières pellicules à un laboratoire, la facture m’a fait mal : plus de 30 CHF pour le développement et la numérisation d’une seule pellicule noir et blanc, avec un délai de deux semaines. L’attente ne me dérangeait pas particulièrement, mais le prix, lui, a rapidement refroidi mon enthousiasme. Je préférais ne même pas calculer combien de pellicules je pouvais me permettre de faire développer chaque mois.
J’ai donc cherché un moyen de réduire les coûts et j’ai réalisé que les deux tiers du tarif du laboratoire correspondaient uniquement à la numérisation. Acheter un scanner est alors devenu une évidence.
Après des heures de recherches, quelques maux de tête et d’interminables hésitations entre les différentes méthodes de numérisation, j’ai opté pour le Plustek 8200i, un scanner exclusivement dédié aux négatifs 35 mm. À 400 CHF, le calcul était simple : il me suffisait de numériser moi-même une vingtaine de pellicules pour rentabiliser l’achat. Un cap que j’ai franchi en moins d’un an.
Le scanner est livré avec une jolie housse, quelques câbles, deux supports pour les films (l’un pour les diapositives, l’autre pour les négatifs) et SilverFast 9, le logiciel fourni sur… un CD-ROM… en 2026, oui, oui. SilverFast 9 a un petit côté vieillot, mais il reste très performant. Il permet de numériser les négatifs en haute résolution, de supprimer automatiquement les poussières et les rayures, et de convertir les négatifs à l’aide de profils adaptés aux différentes émulsions.
Le fonctionnement est assez simple : il suffit d’insérer le support contenant les négatifs dans le scanner, d’appuyer sur Start, puis de faire avancer le support jusqu’au négatif suivant et de recommencer. C’est simple et efficace, même si le processus est un peu lent : comptez environ une minute par négatif.

Construire un statif de reproduction
L’objectif ultime de mon parcours argentique est de tirer mes photographies en chambre noire, sans utiliser la moindre imprimante. Je veux tout faire moi-même : prendre les photos, développer les films et tirer mes images, sans intervention extérieure ni ordinateur, afin de créer de véritables pièces faites à la main.
Pour y parvenir, j’ai notamment besoin d’un statif de reproduction. Ce dispositif doit remplir deux fonctions : me permettre de numériser mes négatifs 120 à l’aide d’un appareil photo numérique (mon Plustek 8200i étant limité au format 35 mm), mais aussi servir de base pour réaliser des tirages avec un agrandisseur.
Après de nombreuses recherches, j’ai dû me rendre à l’évidence : même un statif d’occasion dépassait mon budget. Environ 600 CHF ? Hors de question.
Heureusement, je suis tombé sur un article particulièrement intéressant d’Alexander Matragos, dans lequel il explique comment fabriquer son propre statif robuste pour une fraction du prix. Vous pouvez retrouver l’article complet ici : https://alexandermatragos.com/blog/2023/1/15/building-a-copy-stand-to-scan-film-for-100
Je me suis rendu chez OBI Suisse et j’y ai acheté tous les matériaux nécessaires pour moins de 40 CHF. La rotule (Manfrotto MH804-3W) et la pince de fixation (Manfrotto Super Clamp 035 + 013 Spigot) ont été commandées en ligne pour moins de 80 CHF.
Au final, j’ai assemblé un système complet pour environ 120 CHF. Et autant dire que ce truc ne bouge pas d’un millimètre. C’est du solide !
Il me reste à le tester avec mon vieux Canon 5D Mark II pour voir si les microvibrations provoquées par le mouvement du miroir sont suffisamment faibles pour ne pas poser de problème.
